Débat du PQ sur l’éducation à Saguenay Le gel des frais, une nécessité
par Frédérick Lavoie -
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Divers remèdes pour un même constat
Les candidats à la chefferie du Parti québécois s’en sont pris au financement des écoles privées et ont réaffirmé la nécessité de maintenir le gel des frais de scolarité, lors d’un débat sur l’éducation les réunissant à Saguenay mercredi dernier.
Un consensus s’est rapidement formé entre les candidats sur la nécessité de réduire le financement public des écoles privées afin de revaloriser et d’améliorer la qualité des institutions publiques. Cette mesure se trouve d’ailleurs enchâssée dans le programme du parti, adopté en juin dernier. «Comment parler d’égalité des chances lorsque certaines écoles publiques aussi ont un système de sélection [des élèves]?», s’est ainsi questionné Pierre Dubuc.
Il a également dénoncé la part disproportionnée du financement public obtenue par les universités anglophones, qui accaparent 23 % du budget réservé aux universités, alors que les Anglo-Québécois ne représentent que 8 % de la population. Jean-Claude Saint-André a quant à lui jugé que ces institutions «nagent dans l’abondance», s’indignant du même souffle que les étudiants des autres provinces canadiennes venus étudier au Québec coûtent au gouvernement provincial 100 M $ par année.
Tout comme la plupart des candidats, André Boisclair s’est engagé à maintenir le gel des frais de scolarité à l’université. Il a toutefois tenu à aller plus loin en promettant de «consentir progressivement le tiers du budget du Québec à la mission éducative de l’État, prise au sens large». Dans l’éventualité d’un Québec souverain, il entend ouvrir un débat sur la gratuité scolaire, l’objectif ultime selon lui.
Lors d’un échange musclé avec Pauline Marois, il lui a demandé de chiffrer elle aussi ses engagements en éducation. «Je suis bien d’accord, mais où tu les prends [ces 14 G $]?», lui a-t-elle répliqué, estimant à cette somme le réinvestissement proposé par son rival. Pour André Boisclair, il s’agirait plutôt de 1 G $ par année. «Je pense que tu devrais aller refaire tes devoirs!», lui a alors lancé la candidate pour clore cette guerre de chiffres.
Richard Legendre a proposé, quant à lui, de consacrer une heure par jour à l’activité physique dans les écoles et de prolonger les heures d’ouverture des ces établissements après 17 h en organisant des activités sportives, culturelles et citoyennes. Il s’avère primordial, à son avis, de diminuer le ratio prof-élèves et d’augmenter le temps d’enseignement. Toutefois, ces solutions ne pourront être mises de l’avant que lorsque le Québec disposera «de 100 % de ses finances». À ce propos, Ghislain Lebel a tenu à mettre en garde ses adversaires contre le danger d’attendre un référendum gagnant pour appliquer les mesures proposées. «Si on n’est pas souverain, nos enfants doivent continuer d’aller à l’école!», a-t-il lancé.
«Les dépenses en éducation [du gouvernement] augmentent quatre fois moins vite que notre richesse collective», a rappelé Gilbert Paquette. Il s’inquiète par ailleurs aussi des remises en question du système collégial par le Parti libéral, estimant que «les cégeps sont une innovation québécoise réussie».
Maison des citoyens Jean Ouimet croit pour sa part qu’il faut améliorer «l’éducation civique» des citoyens afin de «mettre au courant» toute la population, en particulier les nouveaux arrivants, pour qu’ils s’impliquent dans la «démocratie participative». Il propose la création de «maisons des citoyens» comme «lieu de rassemblement» où les personnes de tous âges pourraient obtenir de l’information citoyenne et débattre des sujets de l’heure. Par ailleurs, les étudiants devraient selon lui disposer d’un revenu minimum.
La formation professionnelle au secondaire s’avère présentement «un cul-de-sac», selon Louis Bernard. Il suggère ainsi l’instauration de «passerelles entre les formations professionnelles et techniques au cégep». «Il faut mettre l’accent sur le bas de la pyramide, les premières années de formation», estime l’ancien secrétaire général de l’État québécois. Il croit ainsi primordial de continuer d’investir dans les centres de la petite enfance, «notre plus grand chantier national». «Il ne faut pas que les parents délèguent trop [aux professeurs]», a-t-il prévenu, appelant professeurs, parents, éducateurs et gouvernement à collaborer ensemble au développement des enfants. |
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