Sécurité et financement des laboratoires de l’UL La recherche plutôt que l’enseignement
par Raymond Poirier -
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Les accidents dans les laboratoires de l’Université Laval sont peu fréquents
La situation dans les laboratoires de recherche à l’UL se porte bien, notamment grâce aux mesures de sécurité bien établies et au soutien du Fonds canadien à l’innovation (FCI). Toutefois, en ce qui concerne les infrastructures ou les laboratoires d’enseignement, on commence à percevoir les limites de ce financement.
Ainsi, ces fonds ne s’appliquent qu’aux laboratoires de recherche et non aux laboratoires servant exclusivement à des fins d’enseignement, ce qui en constitue le principal problème. «Plusieurs laboratoires de recherche en chimie ont été rénovés à même ce fonds-là, mais les laboratoires d’enseignement en 1er cycle, ce n’est pas le FCI qui va les couvrir», explique Denis Bussières, directeur exécutif de la Faculté de sciences et génie, soulignant que les laboratoires du pavillon Alexandre-Vachon servent «strictement à l’enseignement». Certains laboratoires de recherche du Vachon ont été déplacés vers le pavillon Eugène-Marchand ou le seront bientôt vers le Centre d’optique, photonique et laser.
Des budgets à l’UL sont disponibles afin de répondre à certains besoins plus urgents, mais la mise aux normes des laboratoires de recherche dépend souvent des FCI. «C’est grâce à ce fonds-là qu’on a pu rénover et qu’on a pu acheter de l’équipement sécuritaire», note Antoine Karam, président du comité de Santé et sécurité au travail (SST) pour la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation. Il ajoute que les comités de SST possèdent eux aussi un certain pouvoir d’achat, par exemple pour des lunettes ou des gants de sécurité. Par ailleurs, lors du démarrage d’un nouveau projet de recherche, certaines rénovations peuvent être effectuées.
Accidents peu fréquents «Au niveau des accidents au 1er cycle, c’est extrêmement rare. Souvent ce sont des accidents mineurs, comme des coupures avec du verre, des lacérations. Il n’y a pas eu d’accidents graves», explique Sylvain Allaire, directeur-adjoint SST. «Aux 2e et 3e cycles, on observe de un à deux accident par années qui impliquent une perte de temps», continue-t-il. Ainsi, selon lui, «compte tenu du nombre d’étudiants et du nombre de travailleurs, le taux d’accidents est très faible». Il faut dire que tous les utilisateurs des laboratoires ne sont pas concernés par la CSST: alors qu’un stagiaire peut être considéré comme un travailleur, ce n’est pas le cas d’un étudiant boursier, par exemple.
Dans les laboratoires de chimie du pavillon Alexandre-Vachon, on estime que la prévention, excepté pour ce qui est des infrastructures, est tout de même efficace. «Sur ce plan, il n’y a aucun problème», considère David Jeannette, président de l’Association des diplômés en sciences et génie. «Dans chaque laboratoire, il y a de petits panneaux qui font de la prévention, qui t’indiquent quoi faire en cas d’accident, il y a des sarraus et des lunettes», indique-t-il, rappellant du même coup que le problème se situe plutôt dans la vétusté des installations que dans la prévention.
Une politique panuniversitaire? Actuellement, à l’UL, la SST est supervisée par dix-neuf comités sectoriels qui doivent se réunir au minimum quatre fois par année. Ces comités supervisent aussi d’autres sous-comités. Ce sont eux qui évaluent directement sur le terrain l’application des mesures de sécurité, de même que le respect des normes. À l’AELIÉS, on vise l’adoption d’une politique institutionnelle qui aurait pour effet de créer un comité panuniversitaire de santé et sécurité chapeautant les comités sectoriels. «Il n’y a pas de mécanisme institutionnel de surveillance de la sécurité, pas de moyen de s’assurer si les formations pratiques se donnent. Il y a des étudiants qui ne connaissent pas les mesures d’urgence», déplore François Simard, vice-président aux affaires académiques de l’AELIÉS. «Est-ce que l’UL s’occupe de la sécurité ou on laisse ça aux facultés et chacun s’occupe de ses affaires de son côté?», se questionne-t-il. M. Allaire estime pour sa part que les comités demeurent fort efficaces puisqu’ils sont directement sur le terrain. «Il y a avantage à l’éclatement de ceux-ci: les acteurs comme tels de chaque département ou service sont représentés, on a des acteurs directs qui impliquent les personnes qui sont touchées», explique-t-il. Il ajoute qu’avec plus de 500 laboratoires à l’UL, il serait difficile, sans ces comités éclatés, d’en faire l’inspection détaillée. «En principe, chaque directeur de département est responsable de la gestion de ses locaux, laboratoires et [doit s’assurer] qu’ils [sont]conformes aux directives et aux lois en vigueur de la SST», fait valoir Antoine Karam.
Par ailleurs, le SST fait des visites annuelles des laboratoires de l’UL et assure le suivi des demandes de modification. «Lorsqu’il visite les lieux, le directeur du département est au courant et doit mettre à la disposition de l’inspecteur un technicien», complète M. Karam. Par ailleurs, des formations sont offertes aux différents utilisateurs des laboratoires, adaptées aux besoins de ceux-ci. Il faut dire que les objectifs principaux des comités de SST à travers le campus est d’abord et avant tout la prévention et l’éducation.
Ce travail de prévention est en constante adaptation. «La SST dans les laboratoires évolue et dépend des projets de recherche. Les risques changent du jour au lendemain. On doit être extrêmement vigilant avec l’approbation de tout nouveau projet», indique Sylvain Allaire. Il tient d’ailleurs à rappeller que «la SST ça concerne tout le monde, c’est la responsabilité de tout le monde» puisque si les comités ne sont «pas avisés des risques, il ne peuvent y apporter un correctif». |
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