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Édition du Mardi 31 janvier 2006 > Actualités > Obtenir des salaires compétitifs
Renouvellement de la convention collective de l’APAPUL
Obtenir des salaires compétitifs
par Christiane Vadnais - Actualités

Renaud Philippe
En mai prochain, la convention collective de plusieurs syndicats universitaires arrivera à échéance. Voici le premier d’une série de portraits de ces associations: celui de l’Association du personnel administratif professionnel de l’Université Laval (APAPUL), pour lequel l’ajustement des salaires sera la préoccupation majeure.

«On prévoit commencer les négociations à l’automne. Avant de les entamer, on veut revoir le plan de classification», dit Charles Simard, conseiller en relations de travail à l’APAPUL. Le plan de classification détermine l’échelle salariale des membres.
 
«Le marché du travail nous fait voir que notre plan actuel est à revoir. C’est difficile d’embaucher, car nos échelles salariales ne sont pas compétitives», explique M. Simard. La pénurie de main-d’œuvre, remarquée depuis quelques années dans certains secteurs tels que ceux des spécialistes en ressources documentaires, conseillers en formation et conseillers à la gestion de la recherche, oblige l’Université à offrir de meilleures conditions de travail aux nouvelles personnes engagées. «Cela crée des problèmes d’équité interne», dénonce M. Simard. Il cite le cas où, pour attirer les candidats, l’Université verse des primes à l’engagement ou des salaires plus élevés à de nouveaux arrivants qu’à des employés qui travaillent pour elle depuis plusieurs années et qui font un travail équivalent.

Salaires à réviser
Quant aux négociations à venir, M. Simard dit qu’elles porteront entre autres sur les augmentations salariales. «La loi 142 nous a fait mal», dit-il, bien qu’elle n’ait pas touché directement les membres de l’APAPUL. Celle-ci fixe les conditions de travail des employés des secteurs public et parapublic. Le syndicat a dans sa convention collective une clause remorque qui le lie à cette loi 142, où ses membres ont les mêmes augmentations de salaires que les employés de l’État.

Or, les dernières hausses salariales qui leur ont été offertes ne visaient qu’à régler l’équité salariale. «Nous, on a terminé notre processus d’équité salariale, alors nous n’avons pas eu d’augmentation de salaire», note M. Simard. Le syndicat essaiera donc de «récupérer ces montants-là».

Actuellement, les salaires de ses membres vont de 29 000 $ par an pour des emplois comme celui d’agent d’administration à 68 000 $ pour, par exemple, des conseillers à la gestion des études. Cependant, les deux premières des cinq classes salariales sont «en voie de disparition» selon M. Simard, qui explique que les nouveaux employés qui toucheraient ce salaire sont plutôt membres du Syndicat des employés et employées de l’Université Laval. Ainsi, la majorité du personnel administratif professionnel détenant au minimum un baccalauréat, reçoit un salaire supérieur à 38 000 $.

Par ailleurs, M. Simard pressent que l’Université veut toucher aux allocations de retraite des membres de l’APAPUL, c’est-à-dire aux primes de départ des retraités, qui vont de 120 %  du salaire dans le cas d’un employé qui quitte à 55 ans à 20 % pour ceux qui prennent leur retraite à 60 ans et plus. D’autres revendications pour cette nouvelle convention collective sont en relation avec la qualité de vie au travail, particulièrement en ce qui concerne les horaires.

Survol statistique
L’APAPUL, qui existe depuis 1968, regroupe aujourd’hui 684 professionnels, comme les analystes informatiques, spécialistes en ressources documentaires, coordonnateurs à l’administration, conseillers à la gestion des études travaillant à l’Université Laval. L’association est composée à 60% de femmes, un pourcentage qui est à la hausse et la moyenne d’âge y est de 42 ans, une moyenne à la baisse «si la tendance se maintient».

En 2005, 95 professionnels ont été engagés, mais pas tous pour des postes permanents. 450 des employés regroupés dans le syndicat détiennent un poste permanent, contre 234 qui en ont un temporaire, mais qui est parfois «temporaire de très longue durée», voire dix ans. Le syndicat est actuellement en négociation avec l’Université afin de remédier à cette précarité d’emploi. «Nous sommes très pro-actifs, on n’attend pas que les problèmes arrivent», fait valoir M. Simard, ajoutant que «tous les mois, [le syndicat] a un comité de relations de travail avec l’Université».

L’APAPUL arrivera, en mai prochain, à l’échéance de sa première convention collective en tant que syndicat accrédité, un statut qu’elle a acquis en 2004 parce qu’«il y avait d’autres syndicats qui lorgnaient vers nos membres», dit M. Simard. Avec l’accréditation syndicale sont venus les droits de grève et de lock-out, qui n’ont pas été utilisés jusqu’à maintenant.
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