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Le journal des étudiants et des étudiantes de l'Université Laval


Édition du Mardi 31 janvier 2006 > Actualités > Créer une audacieuse occasion
Deux lavalloises séjournent en Mongolie
Créer une audacieuse occasion
par Michelle Théberge - Actualités

Renaud Philippe
D’un rêve de cirque ambulant en Mongolie naît un projet, celui du «livre bricolé». Nancy Fall et Marianne Dubé, étudiantes en enseignement du français langue seconde, créent elles-mêmes une audacieuse occasion…

«On avait envie de vivre quelque chose de différent», raconte Marianne Dubé. C’est dans cette optique que les filles accouchent du «livre bricolé». «Le projet nous a servi de tremplin pour intégrer une communauté culturelle différente et établir un échange positif entre les peuples», fait observer Nancy Fall.

Après avoir réussi à amasser près de 10 000 $ auprès d’organismes divers, avec pour seule arme leur force de conviction, les filles prennent la direction de Bayantsagt, petit village de Mongolie, pour une durée de trois mois. L’objectif: «remplacer la différence par la connaissance», explique Nancy. L’initiative, appuyée par l’association Québec-Mongolie, permet à des enfants de la troisième année du primaire d’échanger sur leurs cultures respectives par l’entremise de croquis et de textes traduits.

Logées dans des yourtes, modestes habitations mobiles de bois, les voyageuses font donc l’expérience de la vie rurale d’un peuple d’origine nomade et de la différence de mœurs. «Nous devions aller puiser notre eau. Il n’y avait pas d’installations destinées à récolter les déchets, pas de cinémas, de restaurants», raconte Marianne.

Une adaptation nécessaire
Une adaptation fut donc nécessaire à plusieurs plans. «Nous avions pris des cours de langue mongole et on s’est bien adaptées à la philosophie bouddhiste de l’endroit, qui implique une notion tout à fait différente du  temps et du silence. On a appris à s’asseoir dans le champ et à observer, sans ressentir le besoin de faire quelque chose de particulier ou de parler, comme en Occident», se remémore Nancy. Elles conservent donc un souvenir de tranquillité, de sagesse et de paix intérieure de ces timides villageois qui les accueillirent toutefois fort chaleureusement.

Le projet, «c’était en fait d’amener les jeunes à communiquer des concepts de leur quotidien par le dessin et les mots», explique Nancy. «Ils devaient donc réfléchir aux réalités qui les entourent et, par exemple, trouver un moyen d’expliquer ce qu’est un sapin de Noël», rapporte Marianne. «On a vraiment suivi la nouvelle réforme d’éducation, centrée sur la responsabilisation, la coopération, l’utilisation des arts plastiques», raconte Marianne. En observant les enseignants du village interagir avec les jeunes dans l’élaboration de leurs livres bricolés respectifs, «nous avons pu voir les différences au niveau pédagogique», explique Nancy. Afin d’illustrer cela, elle ajoute d’ailleurs qu’en Mongolie, «les enfants ont beaucoup moins de liberté dans la prise de décision».

Revenues de leur périple après une escale d’un mois en Chine, «pour reprendre le rythme de vie de la ville et du bruit!», dit Marianne, les étudiantes ne manquent pas d’énergie. «La coopération prend tout son sens au moment de la partager, ici, chez nous», lance Nancy. À cet effet, elles organiseront plusieurs activités ouvertes au public, soit une conférence au cégep de Sainte-Foy le 31 janvier prochain, un kiosque de promotion du projet au pavillon Alphonse-Desjardins le 1er février, de même qu’une exposition de photographies, dans ce pavillon, le 24 mars.
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