«1-2-3, au Sommet !»
par Nicolas Vézeau -
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Ouverture du 6e Forum social mondial, Caracas, Venezuela
C’est par une paisible «marche contre la guerre et l’impérialisme» qu’a commencé le Forum social mondial de Caracas mardi dernier. Des représentants de tous les continents, bien que ceux des deux Amériques s’y retrouvent en majorité, se rencontrent en effet du 24 au 29 janvier dans la capitale vénézuélienne afin d’y tenir le rendez-vous annuel des altermondialistes.
La délégation québécoise était particulièrement bien représentée, forte de plus de 500 participants. Parmi eux, notons une dizaine de journalistes étudiants, 45 enseignantes et enseignants syndiqués de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), ATTAC-Québec, de nombreux étudiants ainsi que des personnalités politiques.
Françoise David, porte-parole d’Option citoyenne, a confié pendant la marche qu’elle se voyait «réjouie que le FSM se déroule cette année au Venezuela, puisque le gouvernement de Hugo Chavez est un cas exemplaire de mise en place de politiques sociales de gauche en Amérique latine.»
Pour sa part, le journal vénézuélien d’opposition El Nacional disait dans son édition du 24 janvier «s’inquiéter de la connivence palpable entre l’organisation du FSM et le président Chavez.» Le périodique renchérissait en notant que «l’impartialité de l’événement pouvait être remise en doute.» Le visiteur qui arrive à Caracas peut en effet s’étonner en déambulant sur la Avenida Bolivar, une des avenues principales du centre-ville, que cette dernière soit dédiée, pour le temps du forum, à une exposition ayant pour titre Les réussites de la révolution bolivarienne, nom qu’a lui-même donné à son mandat électoral le président Chavez.
Qu’est-ce qui peut bien amener ces Québécois à se déplacer jusqu’en Amérique du Sud pour le FSM? «C’est avant tout pour démontrer notre solidarité aux autres peuples de la terre dans un esprit d’échange culturel», commentait un groupe d’étudiants de l’Université Laval. Pour sa part, Marianne Deschênes, étudiante à l’Université de Sherbrooke, ajoute que «c’est particulièrement l’esprit d’autogestion et de démocratie participative» qui l’ont incitée à venir.
La portée réelle du FSM En 2001, alors que le Forum social mondial en était encore à ses premiers balbutiements à Porto Alegre, ville méridionale du Brésil, «on discutait de théories que tous les médias jugeaient comme étant utopistes», explique Robert Jasmin, président d’ATTAC-Québec. «Aujourd’hui, plusieurs de ces idées se sont concrétisées en ce sens que des gouvernements ont décidé de donner de l’argent à des groupements citoyens qui participent au FSM. De plus, les fameuses missions agissent plus ou moins comme un filet social en venant en aide aux plus démunis un peu partout sur le territoire vénézuélien, une autre de ces idées utopiques que nous proposions dès le premier forum.»
Certains observateurs ne cachent pas leur scepticisme devant le caractère un peu trop «Woodstockien» du FSM, qui s’apparente parfois davantage à un carnaval qu’à un rassemblement politique porteur d’un message sérieux. À ce sujet, M. Jasmin rétorque que «c’est justement l’aspect symbolique du FSM qui lui vaut cet engouement. Tous les grands mouvements de l’histoire sont passés par là. C’est une étape nécessaire.»
Malgré les lacunes organisationnelles constatées cette année, la pérennité de l’événement semble assurée dans le temps considérant que le FSM a vu le nombre de ses participants décupler depuis son inauguration, il y a de cela seulement six ans. Robert Jasmin, qui n’a pas manqué un seul FSM depuis 2001, ajoute que «le niveau du discours et le degré de politisation des participants augmentent d’année en année.» Ainsi, tout semble concorder pour que l’expérience se répète l’an prochain, comme prévu, au Kenya.
Ce reportage a été réalisé grâce aux contributions de l’Office Québec-Amériques pour la jeunesse (OQAJ) et du Carrefour international de la presse universitaire francophone (CIPUF) |
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