Conférence sur la Palestine L’asphyxie d’un peuple
par Guillaume Durou -
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Le 26 janvier dernier, Ali Abunimah, journaliste, spécialiste du Moyen-Orient et cofondateur du journal Electronic Intifada qui a notamment coopéré avec plusieurs chaînes télévisées américaines, est venu offrir une conférence concernant l’isolement de la Palestine sous occupation israélienne.
En débutant par un bref historique de ce conflit presque sexagénaire, Abunimah explique qu’après l’expulsion massive des Palestiniens hors de leurs villages pour laisser ainsi la place aux peuples juifs en 1948, le gouvernement israélien s’est permis, en 1967, d’octroyer 100 % des terres originelles en colonisant la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-Est. Violant ainsi la convention de Genève et le droit international, le gouvernement travailliste a procédé à cette colonisation avec des vagues successives de milliers de colons juifs. Abunimah affirme que cette politique a été activement mise en œuvre autant par les gouvernements israéliens de droite que ceux de gauche et cela durant des décennies. Vraisemblablement, ce processus d’occupation a engendré chez le peuple palestinien une résistance active persistante pour son autodétermination.
Un étau écrasant Durant l’été 2005, Israël a retiré ses colons de la bande de Gaza, donnant lieu ainsi à un optimisme timide. En revanche, Ali Abunimah se questionne sur la réelle signification de ce retrait. Selon lui, il est impossible d’appréhender cette question sans connaître certains faits mal couverts par les médias et totalement éclipsés par la communauté internationale. En fait, le retrait des colons de la bande de Gaza serait une stratégie détournée visant à faire accepter cette décision comme un énorme sacrifice de la part du gouvernement d’Israël alors qu’on sait que les colons de la bande de Gaza sont moins bien reconnus et représentent majoritairement des juifs extrémistes impopulaires.
Par ailleurs, les louanges des observateurs occidentaux tels les États-Unis, la France et le Canada ont créé un effet de banalité lorsque du même coup, le gouvernement Sharon a augmenté considérablement l’opération de colonisation en Cisjordanie, et ce, sous les yeux abusés des médias. Certes, les méthodes draconiennes employées par l’étau israélien, comme l’édification du mur qui encercle la ville de Qalqilya, n’ont guère suscité d’attention prioritaire qui, d’après Ali Abunimah, manifeste un mécontentement «formaliste» pour éviter tout discrédit et n’agit pas en force de façon à enclencher un processus de dialogue compétent.
Quand la poudrière attend son étincelle Voyant le Hamas élu quelques jours avant, Abunimah s’est permis une petite analyse de la situation actuelle. À vrai dire, personne ne s’entend à propos des vrais objectifs de la politique du Hamas, maintenant sous l’étendard de l’Autorité palestinienne. Conséquemment, Israël risque d’entamer une diplomatie plus consciencieuse envers le Hamas, même si la Knesset a déclaré ne vouloir procéder à aucun dialogue avec le nouveau parti élu, car en fait, le Hamas possède un arsenal militaire considérable. À la suite de l’élection du Hamas, il est difficile de percevoir ce parti comme un instrument de résistance ou encore comme un mouvement vers une politique modérée.
Même si le «processus de paix» tant applaudi par le reste du monde n’est qu’un coup de théâtre et n’a en fait jamais réellement existé, Ali Abunimah insiste sur l’impossibilité d’une résolution complète et paisible. Ainsi, il ne croit pas en la création d’un État palestinien propre aux exigences de son peuple. Finalement, il croit par contre en un État multiethnique comme les Wallons et les Flamands de la Belgique où les peuples pourraient coexister comme l’histoire a pu le démontrer précédemment. |
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