Entrevue avec Alexandre Belliard Quand liberté rime avec Musicor
par Valérie Roussel -
Arts et spectalces
Avec son album Piège à con, Alexandre Belliard prouve que, même s’il a signé avec Musicor, il possède encore sa liberté. Un artiste loin de la télé-réalité…
Après avoir lu tout le dossier de presse sur Alexandre Belliard fourni par Musicor, filière de Québécor, des questions surgissent sur le contenu plus promotionnel que critique. Cet artiste, qui possède sa propre maison de disques, Gavroche, et compose des titres comme Attaque multimédia, fait, en même temps, de la promotion à outrance en signant avec une multinationale… Il rétorque que Musicor est le seul label à lui offrir un contrat, et que pour lui, il s’agit d’autoproduire trois albums en préservant ses libertés artistiques. «Je ne vis pas une pression, mais bien un appui. Je ne me vois pas faire ma promotion tout seul».
Alexandre Belliard n’aime pas être contrôlé ni les horaires qu’il juge récurrents. «Ce qui a rendu ce contrat possible, c’est que les artistes qui font partie de Musicor sont du vrai monde.» Il ajoute avec un sourire investigateur: «Le soutien d’un projet indépendant est tout en l’honneur de Musicor, et pour moi, c’est le meilleur des deux mondes», explique le jeune homme. Malgré que les médias «embarquent» cette fois, il reste connu à un infime pourcentage de la population, mais ne sera pas plus malheureux si le monde ne l’aime pas autant. Il ne compte pas céder aux pressions des médias le décrivant plus «rock» ni à sa seule mauvaise critique qui vient d’Ottawa.
Sa chanson La star du rodéo, clin d’œil au poète Vanier, représente en quelque sorte ce qu’il préfère. Dieu mort ou vif le représente parce qu’elle sonne bien sur un fond acide crucifiant. Sur son prochain disque, il mettra probablement en lumière Rimbaud et souhaite s’inspirer de la franchise de Fred Fortin et de Daniel Boucher, tout en continuant pour la musique avec les gars d’Okoumé.
Quoiqu’il ait commencé l’écriture par la poésie, cela ne l’empêche pas de se qualifier de grivois en spectacle. Il définit son intérêt pour la condition humaine et prend plaisir en parlant du réalisme de Balzac et de Zola. Pour lui, la cassure entre la poésie et la chanson se veut plus claire sans la laisser mal vieillir parce que trop pointue. Son objectif n’est pas de conquérir l’Europe, mais de payer son premier album et de trouver du financement pour le second. «Le Québec avant tout, on verra pour les Français!», termine Alexandre Belliard. |
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