Impact Campus - Le journal des étudiants et des étudiantes de l'Université Laval

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Le journal des étudiants et des étudiantes de l'Université Laval


Édition du Mardi 8 novembre 2005 > Arts et spectalces > Chanson aux multiples visages
Critique de Anis et Daniel Russo Guerrido
Chanson aux multiples visages
par Christiane Vadnais - Arts et spectalces

Geneviève Larivière
Un jour, l’industrie l’a découvert dans le métro parisien. Au Coup de cœur francophone, le public l’a découvert à son tour, lui et son reggae-blues sympathique, dans l’intimité du Théâtre Petit Champlain. C’était Anis chantant sa Chance.

Le Français qui «aurai[t] voulu être un MC» a changé d’idée depuis le temps, pour son bonheur. Car il interprète avec un enthousiasme manifeste les extraits de son dernier album, La Chance. D’une voix chaude, de sa voix de jazzman, il a livré à la salle ses textes sincères et ses airs faits de guitare électro-acoustique, basse, harmonica, d’un clavier toujours bien exploité... Particulièrement dans Cergy (qui a cartonné en France) et dans Pensées amères: des titres qui valent certainement le détour.

Anis a entamé sa carrière tout récemment, en 2003. Auparavant, il roulait sa bosse dans le métro, «c’était quand même une forme de hold-up, c’était illégal», dit-il. Il avait appris la guitare en autodidacte, après avoir découvert «la somme de travail que ça représentait, devenir pianiste». Après son Gadjo, disque autoproduit, c’est en 2005 que sont lancés les treize titres qui racontent le chemin de celui qui a des racines russes et marocaines. D’ailleurs, anis signifie «le compagnon» en arabe. Un Anis à découvrir.

Par ailleurs, la première prestation québécoise d’Anis a été précédée de celle de Daniel Russo Guerrido et ses acolytes, issus de la scène hip-hop québécoise montante. Une performance soutenue, pas de longueurs pour celui qui s’appelle aussi Boogat. Le Québécois d’origine sud-américaine est au meilleur de lui-même dans ses chansons en espagnol, dans lesquelles il se permet un métissage des influences rafraîchissant et une plus grande liberté d’exploration musicale.

Une double soirée hétéroclite qui, au final, trouve tout à fait sa place au sein d’un événement qui fête la chanson francophone, «une chanson qui déménage».
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