Impact Campus - Le journal des étudiants et des étudiantes de l'Université Laval

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Le journal des étudiants et des étudiantes de l'Université Laval


Édition du Mardi 31 janvier 2006 > Arts et spectalces > Lutte à finir contre les fantômes du passé
Indépendance à la Maison Jaune
Lutte à finir contre les fantômes du passé
par Maxime Carpentier - Arts et spectalces

Benoit Brossier
Pièce de l’auteur dramatique américain Lee Blessing mise en scène par Érika Gagnon, Indépendance brosse le portrait de quatre femmes prisonnières d’un lourd passé familial.

L’action se passe à Indépendance, petite ville ordinaire dans l’Iowa. Après plusieurs années d’absence, la sœur aînée d’une famille dysfonctionnelle retrouve ses deux sœurs et sa mère  dans la maison familiale. Dans cet univers hermétique, chaque soeur tente d’être elle-même, en dépit d’une mère possessive et abusive qui, par son amour maternel malsain, vampirique et culpabilisant, affecte durement la capacité de ses filles à s’émanciper dans leur vie adulte.
 
Ces retrouvailles sont marquées par la confrontation de vieilles dynamiques familiales dans un ultime effort pour actualiser la relation qu’entretiennent ces femmes, en ce lieu hanté par le spectre lancinant du passé.

Ce qui distingue particulièrement cette mise en scène est certainement la présence fantomatique du violoncelliste Vincent Bélanger. En effet, tout au long de la représentation il erre entre scène et coulisse avec son instrument, s’arrêtant parfois pour en jouer, parfois pour s’asseoir, simplement. Invisible aux yeux des personnages, bien que perçu par l’aînée, le musicien tisse une ambiance sonore obsédante, que vient habilement appuyer l’utilisation de bandes musicales préenregistrées. Ce spectre personnifie-t-il les souvenirs, le père, la douleur ou un mélange de ces éléments? Sans doute, et c’est très réussi.

L’utilisation d’un deuxième étage, où seuls le violoncelliste et la mère instable émotionnellement se rendent, constitue également une marque d’ingéniosité de la part de la metteure en scène. C’est en ce lieu, décoré de vieilles photos, que la mère nous est dévoilée dans ses moments d’angoisse et de nostalgie. De plus, la prestation de Véronique Aubut dans ce rôle perturbant est remarquable.

Quant au décor principal, il n’a rien de spécial, ce qui est congruent à l’histoire, sinon que les actrices qui incarnent les trois soeurs ont vite fait de nous le faire oublier. En effet, Ansie Saint-Martin, Marie Frédérique Auger et Annick Fontaine semblent en plein contrôle de leurs moyens dans ces rôles très différents les uns des autres. Il en résulte donc une pièce dont la puissance est bien servie par le jeu crédible des actrices et par une mise en scène empreinte de débrouillardise.
Une réalisation de SYS-TECH / Ouverture technologique