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Le journal des étudiants et des étudiantes de l'Université Laval


Édition du Mardi 8 novembre 2005 > Opinions > Votons NON à la désaffiliation!
La FEUQ: partir ou bien rester?
Votons NON à la désaffiliation!
par Joël Teurtrie - Opinions

Un débat d’importance pour l’avenir

Archives David Brulotte
À deux semaines du référendum de la CADEUL où les étudiants membres devront choisir s’ils désirent, oui ou non, demeurer affiliés à la FEUQ, vous avez été nombreux à nous écrire. Voici quelques textes d’opinion reçus cette semaine.

Au cours des deux prochaines semaines, le campus sera le lieu d’un grand débat dont le dénouement déterminera de notre affiliation à la FEUQ – et par le fait même de notre impact sur le plan national. Les étudiants auront un choix à faire lors du vote (22-23 novembre prochain et 16-17 novembre par anticipation). Cela dit, je tiens à vous exposer le point de vue du comité du NON à la désaffiliation.

Une Fédération reconnue et crédible sur le plan national
D’abord, il est important de faire un bref retour sur l’organisme qu’est la FEUQ. Cette coalition nationale d’étudiants regroupe 18 associations étudiantes comptant plus de 170 000 étudiants de tous les cycles d’études et de toutes les régions du Québec.

-Créée en 1989 après le dégel des frais de scolarité, elle a pour principal mandat de défendre les droits et intérêts des étudiants auprès des gouvernements et des intervenants du domaine de l’éducation.

-Elle est depuis 1993 l’interlocuteur officiel du gouvernement.

-Tout au long de ses 15 années d’existence, elle s’est employée à défendre une éducation humaniste comme choix de société. Elle s’attarde particulièrement à défendre ses membres avant, pendant et après leur passage à l’université en revendiquant, en particulier, une éducation accessible et de qualité.

La FEUQ fonctionne selon le modèle fédératif, c’est-à-dire qu’elle reçoit ses mandats et ses positionnements directement des associations étudiantes membres. Pour prendre position ou pour adopter un document, un délai est toujours donné aux associations étudiantes membres afin de leur permettre de prendre une décision d’exécutif ou, si nécessaire, d’assemblée générale. Chaque association étudiante, même en étant membre de la FEUQ, garde sa souveraineté locale, c’est-à-dire qu’elle reste libre de ses décisions et responsable de son campus. À la FEUQ, la CADEUL possède six votes, soit le plus grand nombre. J’ai été président de la CADEUL et aussi Secrétaire général de la FEUQ et je peux vous dire que la CADEUL peut être facilement une association étudiante très forte et très écoutée au sein de la FEUQ.

Réforme majeure en cours – Pourquoi quitter au lieu de construire?
Comme la FEUQ a célébré l’an dernier ses 15 ans, elle a répondu à l’appel des associations avec joie pour se remettre en question et travailler à sa modification et à son amélioration. En effet, la FEUQ a entrepris cette année d’élaborer le Plan de développement 2005-2010, afin de construire la Fédération pour les cinq prochaines années.

Ce plan de développement avait un sens stratégique pour la CADEUL. Comme l’affirmait Antoine Houde au journal Le Soleil le 6 septembre dernier: «S’il a pris l’initiative du référendum, l’exécutif de la CADEUL n’a pas encore pris de position officielle. Et il ne le fera pas avant plusieurs semaines, car il a décidé de participer pleinement à l’élaboration du nouveau plan de développement de la FEUQ.»

Depuis le début du mandat, la CADEUL travaille à donner une vision d’avenir à notre Fédération nationale avec le Plan de développement 2005-2010. Le tout a porté fruit, puisque le plan de développement a été adopté à l’unanimité par les associations étudiantes. À cet effet, François Vincent, président de la FEUQ, affirmait dans Impact Campus du 25 septembre dernier: «On l’a travaillé ensemble, on l’a adopté, on va le mettre en application, ça prend du travail de la part de tous et chacun. On veut faire que dans cinq ans, la FEUQ soit plus forte, c’est un travail à faire en collaboration avec l’ensemble des associations membres.»

Je me demande pourquoi nous tenons un référendum après avoir voté en faveur d’un document aussi important. À l’Université de Laval, nous sommes des innovateurs. Restons à la FEUQ et travaillons à son amélioration ! Il serait illogique d’avoir travaillé avec acharnement durant six mois pour modifier la FEUQ à notre image, y arriver, puis partir en claquant la porte!

Quelles alternatives ?
Je ne vois pas de choix plus constructif que la FEUQ pour avoir une représentation et une présence au niveau national. Comme le soulignait Impact Campus, «l’exécutif de la CADEUL […] se voit forcé de négocier simultanément sur deux fronts contradictoires. D’un côté, il a participé activement à l’élaboration du Plan de développement 2005-2010 de la FEUQ. […] De l’autre, il évalue la faisabilité d’une coopération régionale stable avec les associations de cégeps indépendantes de Québec. Or, cette coalition, qui regrouperait quelque 50 000 étudiants, ne pourrait prendre forme que si la CADEUL obtient elle-même son indépendance1.»
Concernant les coalitions régionales, je ne crois pas que ce soit une bonne option.

-Une coalition régionale ne peut pas avoir de portée nationale.

-Une coalition régionale ne serait pas reconnue par le ministre de l’Éducation comme l’interlocuteur des étudiants québécois.

-Une coalition régionale ne pourrait pas faire une campagne commune avec le mouvement étudiant canadien.

-Finalement, une coalition régionale ne pourrait pas siéger aux comités nationaux comme la Concertation jeunesse, le Comité-Aviseur jeunes, l’Union internationale des étudiant (UIE).

Nous serions à la remorque des campagnes nationales et en plus, nous n’aurions plus notre mot à dire dans les actions, décisions et négociations.

Il est complètement erroné d’affirmer qu’une coalition régionale «ne pourrait prendre forme que si la CADEUL obtient elle-même son indépendance». Plusieurs coalitions régionales existent au Québec et ne sont pas indissociables d’une affiliation à la FEUQ. Par exemple, la Coalition régionale étudiante de Montréal (CREM) «représente plus de 100 000 étudiants. J’en suis le porte-parole, j’y travaille activement et j’en fait de même à la FEUQ», affirme Christian Bélair, Secrétaire général de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM) et porte-parole de la CREM.

Selon moi, les étudiants de l’Université Laval doivent voter NON À LA DÉSAFFILIATION afin de construire un mouvement étudiant fort, uni et à l’image des étudiants de Québec, et du Québec!

1 DUPONT, Pierre-Luc, En Route vers le référendum, Impact Campus, le mardi 18 octobre 2005.
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