L après-match
par Stéphane Jobin -
Sports
Il y a deux façons d’analyser ce jeu truqué exécuté au quatrième quart par le Rouge et Or et qui a soulevé l’ire des Sherbrookois samedi. On peut dire qu’il s’agit d’un manque de respect envers le club adverse qui, tirant déjà de l’arrière 55 à 14, n’a vraiment pas besoin de se faire marquer un touché additionnel. C’est le bon vieux principe de ne pas frapper sur quelqu’un qui est déjà par terre.
Mais il y a également l’argument utilisé par les entraîneurs lavallois qui suggère qu’en séries éliminatoires, si la possibilité de pratiquer un jeu se présente, peu importe la marque ou l’adversaire, il faut la saisir. Pour le bien de notre équipe. Pour sa progression. Pour faire peur aux futurs opposants, aussi, eux qui verront ce jeu et qui se diront: «Tiens, ils sont capables d’exécuter ce jeu, nous devrons nous méfier».
Glen Constantin a précisé qu’il était prévu au plan de match d’essayer un jeu truqué, au moment convenu. Comme la marge de risque était plutôt mince, étant donné l’avance considérable détenue à ce moment-là, on a décidé d’y aller. Comme n’importe quel entraîneur l’aurait probablement fait, dans de telles conditions. Le jeu a été pratiqué, et les athlètes lavallois étant très rigoureux et professionnels à l’entraînement, il a fonctionné. En quoi cela constitue-t-il un manque de respect?
Justin Éthier a lui aussi défendu ses protégés et ses décisions, en affirmant qu’il ne pouvait pas demander à ses réservistes, utilisés en fin de match, de mettre la pédale douce sous prétexte qu’il ne faut pas vexer l’adversaire. C’est ridicule!
Qu’il vente (et Dieu sait qu’il vente souvent, à l’UL), qu’il neige ou qu’il pleuve, tous les joueurs s’entraînent fort toute la semaine en sachant que si le match est serré, ils devront regarder la rencontre des lignes de côté. Mettez-vous seulement deux secondes dans la peau de ces athlètes lorsque Justin décide de les envoyer dans la mêlée, devant plusieurs milliers de personnes. Souvent même devant des amis et des proches. Pensez-vous qu’ils ont envie de mettre la pédale douce? Leur demander de le faire constituerait un manque de respect envers tous leurs efforts.
Jusqu’à preuve du contraire, le Rouge et Or est la meilleure équipe au Québec. Au Canada, même. Pourquoi? Premièrement, en raison du recrutement exceptionnel, qui permet au club d’avoir une profondeur incroyable et ce, à tous les postes. Ensuite, parce que les entraîneurs imposent une éthique de travail exemplaire à leurs ouailles. Il n’y a pas de demi-mesure, et tous doivent donner leur maximum. Sinon, ils seront tout simplement remplacés. Enfin, les entraîneurs sont compétents: les stratégies fonctionnent, les victoires s’accumulent, les records aussi, et un troisième titre national consécutif demeure dans la mire, du jamais vu.
Les adversaires, au lieu de brailler et de critiquer après chaque match qui se termine par un grand écart de points, devraient plutôt tenter de trouver des façons de rivaliser avec le Rouge et Or en y mettant des efforts additionnels, comme on le fait à Laval. Un club champion, ça ne se bâtit pas tout seul. |
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